Masterclass de Mike Reed

Mardi 2 novembre, discussion en salle de classe (à déterminer) en matinée de 10h à 12h30 ; masterclass à l’amphi X de 14h30 à 17h30
Mercredi 3 novembre, masterclass à l’amphi X de 10h à 17h30
Invité par Alexandre Pierrepont

Mike Reed en concert

Batteur, compositeur, chef d’orchestre et dévoué présentateur des arts à Chicago, Mike Reed (né en Allemagne, d’un père afro-américain et d’une mère indonésienne) s’est imposé comme une force constructive, non seulement avec sa propre musique, mais à travers tous les événements qu’il favorise en ville depuis bientôt 20 ans : créateur/directeur du Pitchfork Music Festival, où alternent conscious rap, rock alternatif, free folk, nu soul et musiques du monde ; co-responsable de la programmation du Chicago Jazz Festival, le plus grand festival en plein air de musique swing, bop et free au monde ; propriétaire et directeur du centre des arts de la scène Constellation, "serre" où fleurissent, à côté de la danse, du théâtre ou du cirque, le jazz, les musiques improvisées, la musique expérimentale et classique contemporaine, ainsi que du club plus intimiste, et repaire de pirates, Hungry Brain ; éditeur de « The City Was Yellow », un Real Book composé de partitions et d’analyses de compositions de dizaines de musiciens de Chicago au cours des dernières décennies … Son engagement est partout et tout le temps de fournir des plateformes dédiées à l’expression artistique la plus affranchie, où l’on puisse travailler sans contraintes ni pressions commerciales. Ses classes, Mike Reed les a faites au sein de l’Association for the Advancement of Creative Musicians, où il a fréquenté les pionniers Fred Anderson, Roscoe Mitchell et Wadada Leo Smith, et dont il a été vice-Président de 2009 à 2011. Avec des membres de la nouvelle génération de musiciens de l’AACM, Nicole Mitchell et Tomeka Reid, il a créé le trio coopératif Artifacts, qui est venu s’ajouter à ses propres formations : le quintette d’improvisation étendue Loose Assembly, l’octette Living by Lanterns associant jeunes musiciens créateurs de Chicago (tels Jason Adasiewicz ou Joshua Abrams) et de New York (tels Mary Halvorson ou Ingrid Laubrock). Mais c’est son quartette post-bop People, Places & Things qui a le plus tourné et enregistré, collaborant déjà avec de nombreux musiciens invités comme Julian Priester, Ira Sullivan, Art Hoyle, Craig Taborn ou Matthew Shipp…

People, Places & Things : situer la musique, telle qu’elle a été créée par certains hommes, en certains lieux, dans certaines conditions. Le quartette et ses invitésont développé une approche féline, scrutatrice et véloce, de ce que c’est que d’évoluer ensemble. Des circulations d’énergies. Chaque composition est abordée de manière constructive (on expose les thèmes qu’il y a à exposer, on tient les rythmes qu’il y a à tenir) et déconstructive (on cherche en elle ce qui pourrait la faire dévier et différer), sans l’ironie facile des post-modernes, plutôt avec les voluptés rauques et remuantes de Duke Ellington et de Charles Mingus. Et ce blues souverain… Tout est affaire d’arrangements communs, de réciprocités contradictoires, de l’imbrication des parties plus ou moins collectives à l’enchaînement des contributions plus ou moins individuelles qui les traversent, de l’emboîtement des séquences aux déboîtages des solos, pris à la volée. L’exercice de la liberté en musique, envers et contre tout.

Autant de raisons qui font que, en 2010,Mike Reed a été désigné “Chicagoan of the Year” par le Chicago Tribune. Cet homme-là, ce musicien créateur organisateur entrepreneur et heureusement divergent.