Centre d’esthétique et d’analyses musicales (CEAM)

Responsables : Jean-Paul Olive et Makis Solomos
Membres : Christian Accaoui, Frédérick Duhautpas, Antonio Lai, Guillaume Loizillon, Jean Paul Olive, Makis Solomos, Olga Moll, Alvaro Oviedo, Ivanka Stoïanova (Professeur émérite)

Cette équipe, la plus vaste de MUSIDANSE, tout en développant ses propres projets, a pour vocation de développer des thématiques servant d’élément fédérateur à l’unité de recherches dans sa totalité. En ce sens, le centre d’esthétique et d’analyse musicales constitue un lieu d’échange d’idées, de démarches et de méthodes autour de sujets intéressant toute l’unité de recherches : recentrement sur les notions d’œuvre, de processus et de création ; développement de la relation entre théorie et pratique ; réflexion sur les mutations techniques et technologiques de l’art actuel et les mutations de la sensibilité ; méthodologie à caractère pluridisciplinarité ; réflexion sur les interactions entre art et société. Cette équipe a notamment pour propos de développer les deux domaines de la musicologie qui intéressent l’ensemble des équipes dédiées à la musique : l’analyse et l’esthétique. En traitant des sujets dont l’intérêt traverse toutes les équipes de l’unité, la revue Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société est le lieu idéal de cette réflexion commune à l’ensemble de l’unité au niveau musicologique et musical. Cette revue, à caractère national et international, constitue un outil pour diffuser les recherches de l’unité, mais aussi pour accueillir de nombreuses recherches extérieures qui sont en affinité avec celles de l’unité.

Deux thématiques structurent cette équipe :

1. Musicologie, composition et interprétations contemporaines

Projets en cours autour de :

-l’Ecole de Vienne

-Xenakis

-la composition contemporaine

-musique, arts sonores et écologie du son

-composition contemporaine et musiques traditionnelles

 

2. Musicologie et sciences humaines

Projets en cours autour de :

-musique et Théorie critique

-musique et interesctions genre, classe, race…

-musique et psychanalyse

 

Centre de recherche en informatique et création musicale (CICM)

Responsable : Anne Sèdes
Membres : Alain Bonardi, José Manuel López López, Anne Sedes, Horacio Vaggione (Professeur émérite)

Au sein de MUSIDANSE, le CICM constitue la structure d’accueil des doctorants et chercheurs orientés vers la création musicale en relation avec les technologies numériques.

Domaines de recherche : 
- Informatique musicale, 
- Composition musicale assistée par ordinateur, 
- Techniques numériques d’écriture et d’analyse musicale, 
- Analyse, synthèse et traitement numérique du son, 
- Production d’oeuvres, 
- Ecriture de logiciels spécialisés, 
- Questions d’épistémologie de la création musicale contemporaine, notamment liées à l’utilisation des nouvelles technologies, 
- Espaces sonores, spatialisation, visualisation, sonification, arts interactifs, environnements virtuels.

 

Plus d’informations sur http://cicm.mshparisnord.org/

Laboratoire de dramaturgie musicale

Responsables : Joël Heuillon et Giordano Ferrari
Membres : Carmelo Agnello, Giordano Ferrari, Joël Heuillon

 

 

Le « Centre de Dramaturgie Musicale  » est constitué de deux composantes (« Euridice 1600-2000 » et « D.M.C.E. ») qui travaillent sur des thématiques communes :

- la voix, en tant que médium musico-poétique, dans l’usage pluriel qui en est fait dans la musique vocale savante de la tradition occidentale (du 1er baroque à aujourd’hui) ;

- l’interprétation : avec une réflexion méthodologique fondée sur un échange entre théorie et pratique musicale ;

- la dramaturgie musicale du XXe et XXIe siècle (analyse, conception, mise en scène) ;

 

La première composante, « Euridice 1600-2000, l’opéra entre archéologie, création et représentation », se propose depuis sa création (ACIJ Blanche Jeunes Chercheurs en 2000), d’étudier les relations entre musique et poésie à l’aube de l’âge baroque (fin 16ème et début 17ème siècles), dans les cours du nord de l’Italie (innovations musicales langagières et formelles).

Deux spécificités de ce groupe de recherche :

- a) l’interdisciplinarité : toutes les actions de recherche, séminaires, colloques et concerts (moments de synthèse), sont menées sous le regard croisé d’un musicologue (Joël Heuillon, Paris 8) et d’une spécialiste de mythographie et de littérature comparée (Françoise Graziani, Université de Corse)

- b) les actions spéculatives sont secondées par une mise à l’épreuve du réel : des artistes professionnels sont associés au groupe de recherche pour « expérimenter », lors d’ateliers d’interprétation et de concerts, les catégories élaborées. Le travail proprement dit consiste à comprendre les œuvres concernées au travers du filtre de la « doxa » du temps (pour en saisir « de l’intérieur » le poids, le sens, la portée) ; cela consiste également à analyser finement, dans les œuvres (madrigaux, polyphoniques ou monodiques ; « favole in musica  » ; oratorios ; cantates…), les articulations musico-textuelles proposées par les compositeurs. Cela consiste enfin à questionner, après identification, la pertinence des moyens représentatifs propres dont la musique s’est dotée alors dans la perspective de « performer » ces œuvres : les codes anciens de représentation, entre attitude « archéologique » et postures innovantes…

 

La seconde composante, émanant d’un financement ANR (« Jeunes chercheuses et jeunes chercheurs » 2005-2008), « Dramaturgie Musicale Contemporaine en Europe » (D.M.C.E.), développe ce champ en direction de l’opéra moderne et contemporain, ainsi qu’en direction du théâtre musical. En s’appuyant sur un réseau européen de chercheurs (Berlin, Oxford, Lisbonne, Pavie, Athènes), le D.M.C.E. a réalisé une série de quatre colloques internationaux (avec la publication des actes) et une base de données sur Internet concernant les créations de dramaturgie musicale en Europe à partir de 1900 jusqu’à nos jours. Le D.M.C.E. a été aussi au cœur du projet européen « Le théâtre musical de Luciano Berio » (2010-2013), développé grâce à la collaboration de la Fondation G. Cini de Venise et le Centro Studi Luciano Berio de Florence, et du projet « Vers le présent de la dramaturgie musicale à travers l’idée d’espace ‘sensible’ » (2014-16) au sein du Laboratoire d’Excellence Arts H2H.

Le « Centre de Dramaturgie Musicale » accueille les doctorants et chercheurs liés aux divers domaines de recherche décrits supra. Tout en continuant un grand travail d’investigation sur la voix, l’interprétation et la dramaturgie à l’intérieur du courant plan quinquennal, le Centre développe une réflexion commune sur la figure d’Orphée (tant dans les œuvres « baroques », le convoquant pour légitimer les nouvelles formes musico-théâtrales, que dans les résurgences modernes -XXème siècle et contemporaines). L’ensemble de ces travaux donneront lieu en 2016 et 17 à des colloques (suivis de publications) et à des concerts (moment de publication synthétique des expérimentations menées tout au long du projet).

De manière prospective le Centre envisage d’ajouter un nouvel axe de spéculation : rendre compte efficacement de manière argumentative d’un processus artistique : élaboration d’une interprétation et performance.

 

Laboratoire d’analyse des discours et pratiques en danse

Responsables : Isabelle Ginot et Isabelle Launay
Membres : Isabelle Ginot, Isabelle Launay, Mahalia Lassibille, Sylviane Pagès, Julie Perrin, Christine Roquet,

 Le laboratoire « Analyse des discours et pratiques en danse » fait partie de l’équipe d’accueil 1572 MUSIDANSE « Esthétique, musicologie, danse et créations musicales ». L’activité de recherche du Laboratoire s’est nourrie durant plus de vingt ans d’orientations successives : la première, « philosophique » initiée par Michel Bernard, philosophe, fondateur du département et de l’équipe de recherche ; la seconde plus centrée sur l’analyse du mouvement et les pratiques du danseur, dirigée par Hubert Godard, chercheur sur le mouvement. La troisième où la réflexion historique et l’analyse des œuvres apparaissaient au premier plan. La quatrième où l’analyse des pratiques chorégraphiques et somatiques en tant que pratiques « situées » ouvrent aussi sur une approche anthropologique et une esthétique de la réception transculturelle. Ces orientations reflètent les dialogues de l’équipe avec le monde de la création chorégraphique contemporaine en France, et l’interprétation des besoins ou des questionnements œuvrant au sein du milieu professionnel. En cela, le « laboratoire d’analyse des discours et pratiques du champ chorégraphique » a toujours été composé aussi bien d’enseignants chercheurs titulaires que d’associés issus du milieu professionnel ; ses membres permanents sont tous engagés sur le terrain professionnel (formations professionnelles d’interprètes, compagnies chorégraphiques, lieux de programmation, laboratoires de recherche artistique...) Il ne s’agit pas pour nous d’être « chercheur ou professionnel, chorégraphe ou interprète », mais de participer à l’activité réflexive propre au terrain, de travailler à proximité des interrogations émergeant de la pratique et de contribuer à une réflexion critique du milieu et avec le milieu.

Ainsi, les thématiques de séminaires telles que l’analyse d’œuvres (« Giselle »,« Le Sacre du printemps », « les Accumulations » de Trisha Brown) « Figures et pratiques de la communauté en danse », « Histoire et mémoire des œuvres chorégraphiques », « Techniques du corps en danse », « Spatialité en danse », « Image du corps », « Esthétique de la réception en danse », « Danses d’ailleurs », « Catégorisations en danse » ont toujours été conçues dans un rapport à la fois autonome et solidaire avec les nécessités du milieu chorégraphique.

Si les besoins d’outils sur le geste, de lecture critique ou d’une pensée historique nous sont apparus comme des urgences politiques du milieu professionnel à une certaine époque, c’est aujourd’hui vers l’analyse des pratiques et des discours dans le champ des savoir-faire du corps et de la danse que s’orientent nos travaux.

Les recherches du Laboratoire s’organisent ainsi autour de deux thématiques de recherche qui envisagent tant la dimension sociale que la dimension esthétique et historique.

 

1ère thématique : Histoire et esthétique

Les discours historiques et esthétiques en danse, au plan international, font une large place au culturalisme et ont construit un champ historiographique resté longtemps disjoint du champ des pratiques elles-mêmes. A travers ce thème assez large, nous adoptons un point de vue singulier : comment les artistes et les œuvres constituent-ils leur propre histoire de la danse ? Comment se pense la question de la mémoire, de l’histoire et de l’analyse, au sein des œuvres elles-mêmes ? Comment les textes, loin d’être purs commentaires discursifs, sont aussi des fabriques du corps et du geste ? Notre travail ici se situe en dialogue avec nombre de discours sur la danse, aussi bien dans le domaine de l’histoire, de l’anthropologie que de l’analyse des œuvres. Il est par nature interdisciplinaire, et s’appuie autant sur la lecture du geste que sur la philosophie, l’histoire culturelle, l’histoire des arts, la critique littéraire ou musicale, etc.

 

2ème thématique : Processus et pratiques

Bien que les constructions techniques et idéologiques du « corps » soient un objet central dans de nombreuses disciplines scientifiques (médecine, sciences sociales, études de genre, neuro-sciences, etc.), très peu d’entre elles s’intéressent aux pratiques dansées et aux méthodes somatiques - ensemble de techniques du corps auxquelles recourent fréquemment les danseurs. Il s’agit donc ici d’engager une épistémologie des techniques du corps en usage chez les danseurs (techniques dansées et méthodes somatiques), qui ne se contente pas d’une analyse des textes mais considère aussi les techniques elles-mêmes comme lieux de production de savoirs. Cet axe de recherche est également interdisciplinaire (les approches historiques, anthropologiques et sociales, l’analyse du mouvement y croisent les savoirs scientifiques les plus récents sur la posture, la perception, les comportements moteurs, etc.). Il inclut des approches académiques classiques (notamment sur l’histoire du corps et de ses techniques) combinées à des recherches-action, en lien avec les pratiques sociales.

SITE de l’équipe : http://www.danse.univ-paris8.fr/index.php
 

Réalisations collectives :

http://www.danse.univ-paris8.fr/realisations_collectives.php

Groupe de Recherche « Histoire Contemporaine du Champ Chorégraphique en France » :

http://www.danse.univ-paris8.fr/recherche_en_cours.php?pt_id=5

Groupe de recherches « Soma & Po : Somatiques, esthétiques, politiques » : http://www.danse.univ-paris8.fr/recherche_en_cours.php?pt_id=7

Doctorats en cours :

http://www.danse.univ-paris8.fr/recherche_en_cours.php?pt_id=3

Revue Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société

Toujours implantée sur le site internet de la MSH Paris Nord, la revue Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société, transversale à tout MUSIDANSE, se consacre à la musique considérée comme un champ de forces où s’élabore le sens, une activité métaphorique où l’homme emploie ses facultés à construire tant le monde que lui-même. Les sciences humaines y croisent donc naturellement la singularité de l’art : une pensée en acte, non discursive, une pensée de l’expérience humaine, médiatisée par l’invention et la disposition d’un matériau dans le temps et dans l’espace. Filigrane souhaite aborder sans esquive les thèmes difficiles et épineux (politiques, sociaux, spirituels et intellectuels...) que rencontre la musique et, de ce fait, associe à ses réflexions des chercheurs de toutes disciplines (philosophes, psychologues, anthropologues, sociologues, historiens…) aussi bien que des artistes qui témoigneront de leur expérience. Penser le sens, l’inscription et la diversité des formes musicales au sein de sociétés confrontées, à l’aube du XXIème siècle, à une métamorphose sans précédent, telle est la responsabilité qu’intellectuels et artistes, ensemble, doivent assumer pleinement. Et il importe que cette réflexion soit critique. Filigrane souhaite accueillir et favoriser les débats au sein de la communauté universitaire et artistique, renforcer les échanges entre les diverses approches de la musique et élargir la notion même de musicologie.

Site : http://revues.mshparisnord.org/filigrane/

Axes

ARTS, ÉCOLOGIES, TRANSITIONS

Responsables : Roberto Barbanti, Isabelle Ginot, Makis Solomos.

Avec Frédérick Duhautpas, Guillaume Loizillon, Julie Perrin

Cet axe est en relation avec le projet Labex Arts H2H du même nom et incluant plusieurs autres collaborateurs.

Il propose d’examiner le tournant écologique des arts et souhaite interroger la démarche d’artistes et de théoriciens actuels qui, à l’écoute de questionnements découlant des crises écologique, économique ou sociale ainsi que de la crise des représentations, sont à la recherche de nouvelles formes de création et de pensée artistiques. Pratiques de transition, ces nouvelles formes (performances interagissant avec l’environnement, promenades sonores ou artistiques, réalisations associant des performers handicapés…) explorent la relation au milieu ainsi que les contiguïtés avec les expériences de la vie quotidienne ou encore les actions citoyennes. Elles naissent du déplacement de la notion d’esthétique vers l’aisthésis, la sensation, la perception, ainsi que d’une réflexion sur la dimension éthique de l’art. Si la démarche environnementaliste peut constituer le moteur de ces recherches artistiques, théoriques et parfois militantes, les relations à la société ainsi qu’à la subjectivation leur sont aussi importantes : le projet adoptera une perspective guattarienne pour évoquer tout autant les écologies sociale et mentale que celle environnementale.

Le projet a pour propos de constituer un réseau international de chercheurs et d’artistes liés à ce tournant écologique de l’art. Certains seront associés et seront invités pour des journées d’études, colloques, conférences, événements artistiques… ; l’art vivant étant au centre du projet, seront également proposées des recherches-créations. Les deux premières années se pencheront sur quelques thématiques fortes : notions de paysage, environnement, situations, milieu… ; éthique du son ; promenades sonores et chorégraphiques ; geste critique et handicap ; les pionniers ; perception sonore animale et bio-éco-acoustique ; arts, communs et décroissance. La troisième année visera la production d’un livre bilingue (français-anglais) construisant une référence commune et issu de ce travail de réflexion et de création. Ce livre sera accompagné d’une documentation multimédia importante valorisant l’ensemble du projet.

Ce projet, porté par un spécialiste des arts contemporains, une spécialiste de danse et un musicologue, est interdisciplinaire, il s’intéressera à plusieurs arts (musique et arts sonores, arts plastiques, danse, cinéma…) tout en respectant leurs spécificités. Le Centre Pompidou Metz y est associé dans le cadre d’une recherche sur les jardins et la création artistique. D’autres partenaires (le Word Forum for Acoustic Ecology, le Muséum national d’Histoire naturelle, le festival No Limits, le HAR et le CREM/LESC de Paris Ouest, la documenta, le Centre de documentation de la musique contemporaine, l’Institut européen d’écologie…) seront sollicités pour des événements précis.

 

Jazz et Altérités de la Modernité Musicale

Responsable : Philippe Michel
Membres : Guillaume Gilles, Guillaume Loizillon, Philippe Michel, Frédéric Saffar, Yves Torchinsky

Présentation scientifique

Au cours du XXe siècle, sont apparus en Europe et aux États-Unis d’Amérique un certain nombre de bouleversements culturels et artistiques découlant aussi bien de l’apport de cultures géographiquement distantes que du développement local de cultures et pratiques alternatives, à commencer par le jazz. À cette nouvelle donne culturelle et territoriale, il convient également d’ajouter le rôle considérable joué par le développement des techniques du son et de l’image que la fin du XIXe siècle a inauguré.

La traversée du XXe siècle a également été marquée par un vaste ensemble de mouvements d’avant-garde (Futurisme, Dada, constructivisme, surréalisme, etc.) qui contribuèrent à la composition de ce territoire nouveau.

À l’heure de l’effrangement des avant-gardes, de la généralisation des technologies numériques et de la mondialisation, ces cultures nouvelles, et les pratiques qui en découlent, ont fait apparaître de nouvelles formes d’expressions artistiques. C’est cette pluralité, et plus précisément les pratiques musicales récentes qui lui sont liées, que ce regroupement thématique de chercheurs entend questionner.

Mais ce questionnement ne pourrait se faire sans une réflexion conjointe sur les méthodes d’approche des musiques étudiées, c’est-à-dire sans le développement d’une musicologie adaptée à son objet.

En effet, le plus souvent (en Europe du moins), les formes musicales de modernité dont il est question ici sont abordées selon des modes de pensée non nécessairement adaptés à leur objet, puisque fondés sur des outils plus spécialement forgés en vue de l’examen de la musique occidentale « légitime » (Ellington, 1938).

Or, ces formes de modernité-là ont précisément remis en cause la suprématie de tels modes de pensée dominants, soit à partir d’une critique venue « de l’intérieur » (comme les avant-gardes historiques l’ont fait en leur temps), soit à partir du développement et de l’expansion « parallèle » de cultures d’origine populaire jusqu’alors non reconnues par la culture dite « savante » (autrement que selon une opposition convenue savant / populaire ; c’est le cas du jazz, du moins à l’origine, et plus généralement aussi celui des musiques afro-américaines et du rock).

Il s’agira ainsi de développer la recherche selon plusieurs axes destinés à se féconder les uns les autres :

- Les recherches dans le domaine du jazz et de la culture musicale afro-américaine dont la survenue dans l’espace culturel occidental a contribué (avec la découverte des cultures musicales non-occidentales) à ouvrir, au XXè siècle, la création musicale à « la musique de l’Autre » (Aubert, 2001).

- Les approches musicologiques nouvelles s’attachant à comprendre et dépasser les traditionnelles divisions populaire/savant, commercial/non commercial, et plus largement toutes les catégories esthétiques conduisant à perpétuer une vision hiérarchisée de la musique héritée du passé.

- D’autre part, les recherches sur d’autres formes de modernité musicale, aussi bien celles que l’on range parfois un peu rapidement sous la bannière des « musiques populaires modernes » que celles issues d’une approche alternative de l’héritage musical dit « savant ».

 

Objectifs de recherche à moyen terme

L’un des axes de recherche prioritaires de ce groupe de chercheurs se situe sur une ligne de porosité de plus en plus avérée entre le « savant » et le « populaire », non pas pour en explorer encore les démarcations ou au contraire en entériner (heureusement ou malheureusement) la disparition, mais pour en proposer des articulations différentes. Explorer le caractère « savant » du « populaire », c’est-à-dire ses langages, ses techniques, ses investissements en connaissance musicale, semble en effet un point de départ important et fondateur d’une musicologie qui, souvent, se confronte à d’autres discours issus des sciences humaines ou sociales, lesquels ont occupé un terrain que la musicologie « traditionnelle » a négligé.