Séminaire MUSIDANSE, 2016-2017

Mardi 2 mai 2017, 18h30 - 20h30.

Salle des colloques, Cité de la musique - Philharmonie de Paris, 221, avenue Jean Jaurès, Paris.
Comparution musicale immédiate.

La musique du groupe Cheveu au regard de l’analyse, discussion croisée avec le groupe
Séance animée par Guillaume Gilles

(en partenariat avec le CIPh et la Philharmonie de Paris)

 

(Cet événement s’inscrit dans le cadre du séminaire Théorie(s) esthétique(s) des musiques électriques, dirigé par Pierre Arnoux et Agnès Gayraud)

Cette séance propose de faire discuter création et théorisation autour d’un objet musical électrique et actuel, la musique du groupe Cheveu. Trio particulièrement créatif et innovant au sein de la scène rock française depuis une dizaine d’années, Cheveu propose une esthétique musicale personnelle qui semble avoir trouvé une partie de sa singularité en faisant notamment se rencontrer un vaste réseau d’influences musicales hétéroclytes.
Par une analyse musicale de la discographie de Cheveu autour de paramètres comme le son, les rythmes, formes, timbres et effets, accords et mélodies, textes, Guillaume Gilles tentera de faire ressortir les vestiges de ces influences souterraines et de comprendre comment le groupe est parvenu à les orienter, aussi contrastées voire opposées soient-elles, vers un sillage commun devenu le leur. Si l’analyse musicale devrait permettre de livrer certaines de ces informations, la présence des trois membres du groupe permettra ensuite de confronter le discours musicologique à l’approche créative. Pertinence, complémentarité, ou décalage entre les deux paroles, cette rencontre entre création et analyse se pose avant tout comme une expérience d’observation ludique et concrète pour voir en quelle mesure l’analyse musicale peut s’avérer une piste pertinente dans la théorisation des musiques électriques.

     

 

Lundi 15 mai 2017, 12h-15h

Université Paris 8, salle A128

L’analyse musicologique de l’écriture mixte.

Comprendre les nouvelles grammatologies musicales

Vincent Tiffon, professeur à l’Université de Lille 3

Répondant : Alain Bonardi

     

Cette séance, placée dans le sillage de la pensée de Fabien Lévy (Le compositeur, son oreille et ses machines à écrire), visera à montrer en quoi l’écriture informatique relève d’une nouvelle grammatologie qui, si elle a des spécificités, n’est pas forcément si éloignée de l’écriture graphosphérique.

Pour ce faire, on commencera par un parcours historique des quatre archétypes de machines musicales (machines à programme ou automates mécaniques, machines tympaniques producteurs d’images sonores, machines électroniques produisant la disjonction des instances gestuelles et des instances de calcul, machines informatiques comme automates numériques). Ce faisant, on comprendra ce qu’est une grammatologie musicale, et on tentera alors de définir les spécificités de l’écriture électronique, en comparant, par exemple, les structures grammatologiques des sons produits par CSound, SuperCollider, patchs Max, PureData…

In fine, on cherchera à comprendre en quoi l’écriture mixte, qu’elle soit interactive ou non, peut être un genre autonome, au-delà de la musique instrumentale augmentée ou de la musique électronique augmentée.

Dans le cadre du séminaire d’Alain Bonardi, “Analyse, recodage et appropriation de la partie électronique des œuvres” et de la journée d’étude “La dynamique des œuvres sur support numérique” proposée par Joao Svidzinski le 2 mars 2017 à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord.

 

 

 

Mercredi 17 mai 2017, 14h-16h

Université Paris 8, salle A128

De lave et de fer. Une lecture politique de Helmut Lachenmann

Laurent Feneyrou

(à l’occasion de la sortie du livre aux Éditions MF)

Répondant : Makis Solomos

 

 

 

Vendredi 19 mai 2017, 13h-15h

 Université Paris 8, salle J004

 Elles ont voulu garder leurs ailes – Compositrices…

Claire Bodin

Répondant.e.s : Frédérick Duhautpas, Hélène Marquié

 

Hormis les noms de quelques-unes, parmi des milliers, qui connait ces femmes ayant choisi de devenir compositrices ? Et quoi de plus normal que cette ignorance, puisque l’histoire de la musique a occulté leurs présences et leurs oeuvres ? Mais quelle injustice, alors que la qualité de leurs productions, la singularité de leurs destins, la richesse de leurs personnalités, devraient nous les rendre aussi nécessaires que leurs confrères, partenaires ou amis masculins. Vous pourrez mesurer au cours de cette conférence combien leur détermination à créer a pu vaincre d’obstacles et de préjugés, mais aussi combien ces mêmes préjugés et obstacles ont pu les freiner et les faire douter. Enfin, mieux que les mots sans doute, la musique vous dira tout le talent qui fut le leur.

Claire Bodin. Titulaire de deux premiers prix, clavecin et basse-continue du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, ainsi que du Certificat d’Aptitude à l’enseignement du clavecin, c’est d’abord en tant que claveciniste que Claire Bodin s’engage dans la voie musicale. Elle se produit comme continuiste ou soliste, particulièrement au sein de la compagnie Les Bijoux Indiscrets qu’elle a créée en 2006 et dont elle assume la direction artistique et musicale ; elle enseigne par ailleurs le clavecin au Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulon Provence Méditerranée. En 2011, elle crée le festival Présences Féminines ayant pour objectif la mise en valeur des femmes, notamment des compositrices, au travers de l’histoire de la musique. Claire Bodin est autrice en co-écriture avec la comédienne Anna Veyrenc de plusieurs textes destinés à la scène ou au concert, notamment la pièce Petite Mademoiselle Jacquet sur la vie d’Elisabeth Jacquet de la Guerre, Les sept rêves de Mel Bonis, scénario qu’elle a mis en scène en mars 2014 ; jeune fille à la viole, Airs coquins et à boire…