Mahalia LASSIBILLE

Maître de conférences


Mahalia Lassibille est anthropologue en danse, spécialisée en Afrique. Après avoir passé sa thèse en Anthropologie sociale et Ethnologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en 2004 (« Danses nomades. Mouvements et beauté chez les Peuls WoDaaBe du Niger »), elle a été nommée Maître de Conférences à la section danse de l’Université de Nice Sophia-Antipolis en 2008, puis Maître de Conférences au Département Danse de l’Université de Paris VIII en 2013. Responsable du Département Danse depuis 2015, elle est membre associée à l’URMIS « Migrations et sociétés » (UMR 205), vice-présidente de l’association des Chercheurs en Danse depuis 2014, et membre du comité scientifique éditorial de la revue « Recherches en danse ».

Son travail comprend deux axes de recherche principaux.
1) Circulations chorégraphiques et revendications politiques au Niger
Son étude ethnographique menée au Niger depuis 1994 a été centrée au départ sur l’analyse des danses woDaaBe dans un cadre cérémoniel en croisant des outils utilisés en danse et en anthropologie. Ses recherches ont ensuite porté sur le passage scénique des danses woDaaBe lors de festivals en France et sur leur mise en tourisme au Niger. Loin de former des contextes séparés, ces trois temps interagissent dans une même dynamique de revendication politique, actuellement remise en question par la situation nigérienne.
2) Usage des catégories en danse : fictions, contradictions et recompositions
Les catégories en danse représentent un arrière-plan fondamental de la recherche qui mérite cependant d’être questionné. D’autant que si ces catégories comprennent une part imaginaire, elles ont des effets certains sur les pratiques. Ainsi, après avoir déconstruit la catégorie « danse africaine », Mahalia Lassibille mène actuellement ses recherches sur l’usage des catégories de « danse africaine traditionnelle » et de « danse africaine contemporaine ». Elle étudie plus particulièrement la manière dont les artistes africains les utilisent, se les réapproprient et les réinterprètent. Ce pan donne actuellement lieu à des recherches avec des chorégraphes et des institutions reconnues mais aussi avec des pratiquants anonymes et des réseaux alternatifs.

Publications

Direction d’ouvrages ou de revues

Federica Fratagnoli, Mahalia Lassibille (dir.), La « contemporanéité » dans les pratiques scéniques chorégraphiques : regards croisés entre l’Afrique et l’Asie du Sud (à paraître)

Mahalia Lassibille, Joëlle Vellet (dir.), La transmission du geste, enjeux et perspectives en danse (à paraître)

 

 Articles dans des revues à comité de lecture

« « La danse africaine : une catégorie anthropologisée », Espaces Temps.net, Revue électronique (à paraître 2016)

« Lever les bras » ou « être possédé » : le redoutable transfert de l’écriture du geste. Ethno-graphie(s) de la possession chez les Peuls WoDaaBe du Niger, CORPS (à paraître 2016)

« Les scènes de la danse : entre espace touristique et politique. Chez les Peuls WoDaaBe du Niger », Cahier d’Etudes Africaines, XLIX (1-2), N° 193-194, 2009 : 309-335

« Stratégies chorégraphiques. L’exercice politique de la danse chez les WoDaaBe », Journal des anthropologues, N°112-113 « Anthropologie des usages sociaux et culturels du corps », 2008 : 155-181

« Les danses woDaaBe entre spectacles touristiques et scènes internationales : les coulisses d’une migration chorégraphique », Autrepart, N°40 « Tourisme culturel réseaux et recompositions sociales », 2006 : 113-129

« « La danse africaine », une catégorie à déconstruire », Cahiers d’Etudes Africaines, XLIV (3), N° 75, 2004 : 681-690

 

Chapitres d’ouvrages

« La “danse africaine contemporaine” : un paradoxe chorégraphique. Une ethnographie de la catégorisation en danse au Niger » dans Chloé Delaporte, Léonor Graser, Julien Péquignot (dir.), Penser les catégories de pensée. De l’objet à l’objectivation dans l’étude des arts, des médias et des cultures, L’Harmattan, coll. « Ouverture Philosophique », Paris (à paraître 2016).

« Les danses africaines traditionnelles : des pratiques contemporaines", dans Annie Dupuis (dir.), Ethnocentrisme et Création, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, Paris, 2013 : 451-469

« Arriver/partir », dans Marie Glon et Isabelle Launay (dir.), Histoires de gestes, Actes Sud, Arles, 2012 : 147-163

« Quand la mémoire de l’ethnologue vacille. Oubli, confrontation et réappropriation d’une recherche en danse », dans Marina Nordera et Suzanne Franco (dir.), RicorDanze : memoria in movimento e coreografie della storia, UTET, Torino, 2010 : 267-285

« Beautés assassines », dans E. Azouly, A. Demian, D. Frioux (dir.), 100.000 ans de beauté humaine, vol 4. Modernité, Ed. Babylone/Gallimard, Paris, 2009 : 188-190

 

Communications publiées

« Du choix catégoriel du chercheur : entre art et soin. A travers la possession chez les WoDaaBe du Niger », dans Claire Mestre, Marion Géry, Marcelle Géber (dir.), Arts soins, les frontières imaginées, ebook La pensée sauvage (à paraître)

 « « Quand le touriste, c’est l’autre. Une anthropologie du tourisme chez les Peuls WoDaaBe du Niger », dans Ph. Bourdeau, L. Bensahel-Perrin et H. François (dir.), Fin (?) et confins du tourisme. Interroger le statut et les pratiques de la récréation contemporaine, Paris, Harmattan, Collection Les idées et les théories à l’épreuve des faits, 2013 : 137-151

« Les WoDaaBe, vendeurs de bijoux en Occident », dans H. Tourneux et N. Woïn (dir.), Migrations et mobilité spatiale dans le Bassin du Lac Tchad, Actes du XIIIème Colloque international de Méga-Tchad, Ed° I.R.D., CD rom, 2010

« Des danses à l’identité chez les WoDaaBe du Niger », Pratiques corporelles, N° 124, 1999 : 15-21

« L’homme et la vache dans l’esthétique des Peuls WoDaaBe », dans C. Baroin et J. Boutrais (dir.) L’homme et l’animal dans le Bassin du lac Tchad, Ed° IRD, Collection Colloques et Séminaires, Paris, 1999 : 251-262