Arnau Gran i Romero


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Arnau Gran i Romero est compositeur et chercheur, actuellement inscrit en thèse à l’EDESTA, sous la direction d’Alain Bonardi (PR Musique), la co-direction d’André Villa (MCF Musique), avec le co-encadrement de Paul Goutmann (PostDoc projet ERC G3S). Il bénéficie d’un contrat doctoral dans le cadre du projet ERC Advanced Grant G3S (Generative Spatial Synthesis of Sound and Music).
Il a commencé à étudier le piano en 2007 en Espagne et a obtenu le Titre professionnel de musique (piano) en 2018. Entre 2013 et 2017, il a étudié le violoncelle avec Josep Bassal au Conservatoire de musique de Gérone. En 2016, il a commencé le clavecin avec les professeurs María Ángeles Pardàs et Carles Font, puis a intégré la quatrième année du grade professionnel, obtenant ce diplôme en juin 2020.
En 2018, il s’est initié à la création contemporaine après avoir rencontré le compositeur espagnol José Manuel López López lors des cours d’été Música Activa de Canfranc.
Le 2 juin 2019, il a reçu le Prix Baldiri Reixach de la Fondation Carulla pour le meilleur travail de recherche individuel du baccalauréat 2018/19 pour son mémoire intitulé Xavier Montsalvatge, el compositor de la libertad (Xavier Montsalvatge, le compositeur de la liberté). Ce travail a également obtenu le deuxième prix lors de la troisième édition du Prix de recherche de l’ESMUC (Escola Superior de Música de Catalunya) et a été publié dans le numéro 82 de la revue numérique de l’ESMUC en septembre 2019.
En septembre 2019, après avoir réussi les examens d’entrée au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, il a commencé le D.E.M. de composition instrumentale avec José Manuel López López, comprenant le contrepoint, l’harmonie, l’orchestration, l’analyse et l’atelier contemporain. En juin 2021, il a obtenu le D.E.M. en composition, décerné à l’unanimité avec les félicitations du jury.
En 2020, il s’est inscrit en deuxième année de licence de musicologie à l’Université Paris 8 – Vincennes–Saint-Denis, avec une spécialisation en composition assistée par ordinateur, diplôme qu’il a obtenu en juin 2022. En septembre de la même année, il a commencé le Master Théorie et pratiques de la musique dans la même institution, sous la direction d’Alain Bonardi, en se concentrant sur la compréhension du geste instrumental comme outil pour une manipulation plus naturelle de la musique électroacoustique. Il a obtenu ce diplôme en 2024 avec la mention Très Bien et a débuté la même année un doctorat au sein du CICM, également sous la direction d’Alain Bonardi.
En première année de Master, son mémoire « Une écoute gestuelle : Vers une instrumentalisation de la musique électroacoustique » s’est centré sur la question du rapprochement entre la musicalité instrumentale et les sonorités électroniques. À partir de l’étude du geste instrumental et de son rôle dans la perception et la composition, il a exploré comment des sons électroniques peuvent retrouver un caractère « naturel » sans se limiter à l’imitation d’instruments. Cette recherche, croisant réflexions théoriques (autour du concept de geste, de l’écoute réduite de Pierre Schaeffer et de la musique concrète) et expérimentations pratiques (analyse des relations entre geste physique et dimensions sonores, modélisation gestuelle par la synthèse concaténative), a abouti à la création de la pièce mixte L’espace des inexistants, concrétisant la démarche recherche-création.
En deuxième année de Master, son mémoire « Programmation des instruments électroniques à l’aide de modèles gestuels : Création, interprétation et écriture » a porté sur le développement d’interfaces numériques innovantes pour explorer les relations entre interprète, électronique et compositeur. Dans la continuité de ses recherches sur le geste instrumental, il s’est concentré sur la conception d’instruments numériques alliant réflexion théorique (définition du geste, lutherie électronique, modèles gestuels) et travail technique (programmation, moteurs sonores, interfaces de contrôle). L’objectif était d’évaluer le potentiel expressif de ces dispositifs en situation de jeu et de création, en abordant également les questions de notation et de transmission entre compositeur et interprète. Ce travail a culminé dans la réalisation de la pièce Songs to be Burnt V, qui illustre la mise en œuvre artistique de ces recherches.
En première année de doctorat, son projet de thèse « La dématérialisation artistique comme démarche créative : À la recherche d’une nouvelle partageabilité des œuvres électroacoustiques et des installations artistiques à travers le développement de nouvelles interfaces » s’est attaché à explorer la question de la reproductibilité et de la diffusion des œuvres de musique mixte et des installations sonores. En s’appuyant sur l’histoire des transformations technologiques de la musique et sur les problématiques d’obsolescence matérielle et logicielle, cette recherche vise à concevoir des dispositifs et outils ouverts (open hardware / open software) favorisant la ré-matérialisation et l’adaptabilité des œuvres. Durant cette première année, il a expérimenté de nouveaux systèmes de spatialisation sonore utilisant des téléphones portables, permettant de créer aussi bien des configurations de concert que des installations participatives, tout en réécrivant et en adaptant des algorithmes de spatialisation existants.
En parallèle, en 2020, il a commencé un baccalauréat en piano à l’ESMAR (Valence) avec Carmen Martínez-Pierret, diplôme obtenu en 2023.
En 2021, il a rejoint l’Ensemble Dialogue-Écoute en tant que pianiste et compositeur, sous la direction de Gustavo Barrientos Beltrán. En juillet de la même année, il a collaboré avec le pianiste Ricardo Descalzo pour la création de sa pièce Realitatis Occultae pour piano et seaboard, créée en septembre à l’Auditorio Òscar Esplà d’Alicante. Cette collaboration s’est poursuivie avec une reprise à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando à Madrid en novembre 2021, ainsi qu’une présentation au Conservatoire d’Alicante en février 2022.
Entre 2021 et 2025, il a travaillé avec divers ensembles pour la création de ses œuvres : l’Ensemble MG21 (dir. Florentino Calvo), l’Ensemble Itinéraire (dir. Alain Louvier), l’Ensemble TM+ (dir. Laurent Cuniot), l’Ensemble Sinkro, l’Ensemble KDM, l’Ensemble Next et l’Ensemble InterContemporain (dir. Oscar Jockel). Il a également composé, à la demande du Conservatoire de Saint-Denis, une œuvre pédagogique pour harpe et électronique en temps réel, créée en juin 2022 à la Maison des Sciences de l’Homme – Paris Nord.
En 2022, il a réussi le concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où il a suivi les cours de composition avec Gérard Pesson ainsi que les cours de Nouvelles technologies avec Luis Naón, Yan Maresz et Grégoire Lorieux. En 2025, il a obtenu la licence avec mention Très Bien et a commencé un Master sous la direction de Clara Iannotta.
En 2023, il a été lauréat par le label Petrichor-Records pour son œuvre Sounds from an Electric Nature, créée en 2022 par l’Ensemble Itinéraire sous la direction d’Alain Louvier. En 2024, il a remporté le concours de composition musicale ARTSOM et a reçu une commande pour composer une nouvelle œuvre destinée au Trio Feedback, créée lors de la vingtième édition du festival Mostra Sonora (Valence, Espagne).
En 2024, il a également reçu une commande de l’Ensemble Divertimento pour la création d’une pièce pour soprano, acteur, ensemble et électronique. Cette œuvre présentait les premières expérimentations liées à sa recherche doctorale en relation avec les principes de recherche-création, avec un dispositif de spatialisation en temps réel utilisant les téléphones portables des musiciens disposés autour du public, afin de créer un espace de projection sonore invisible au service d’une dramaturgie explorant l’ambiguïté de la nature des sons. Ce dispositif présentait des recherches sur la recréation d’algorithmes existants de spatialisation sonore, tels que les techniques ambisoniques appliquées à la convolution des matrices de positions des sources et des haut-parleurs dans des configurations irrégulières. L’objectif était de recréer, à partir de sources individuelles comme les téléphones, des champs sonores complexes et immersifs, tout en expérimentant avec des algorithmes de machine learning pour faciliter la composition de ces champs à travers des interfaces basées sur des représentations graphiques.
En 2025, aussi dans le cadre de son doctorat, il a présenté deux installations sonores dans les jardins de la MSH : en juin, lors des Rendez-vous aux jardins, et en septembre, lors des Journées du patrimoine. Ces installations reposaient sur un dispositif de spatialisation électronique combinant des haut-parleurs Bluetooth dissimulés dans la végétation et le mouvement des visiteurs, équipés de leurs téléphones portables, dont la position dans l’espace modifiait la nature des sons diffusés. Ces dispositifs représentaient une évolution du système présenté dans l’œuvre mixte commandée par l’Ensemble Divertimento, car en plus des sources fixes présentes dans la première version, ils incorporaient la participation active du public. Des processus de décodage du champ sonore étaient conçus pour tenir compte de la position mobile des personnes, actualisant la spatialisation en fonction de leurs déplacements dans les jardins. Ainsi, diverses zones sonores de natures différentes étaient distribuées dans l’espace, que le public pouvait parcourir et explorer.
En 2026, il intègre l’équipe G3S du laboratoire de recherche CICM, dans le cadre d’un contrat doctoral de trois années, portant sur les représentations opératoires de l’audio spatial.
Site personnel : https://www.graniromero.com


Productions artistiques

2020

Le temps du subconscient, pour ensemble des cordes pincées et contrebasse

Realitatis Occultae, pour piano préparé et seaboard

2021

Sounds from an electric nature, pour ensemble de violon, clarinette, percussion et clavecin

2022

Aparté, pour harpe celtique et électronique

Shifted binaries, pour flûte, hautbois, trompette, trombone, piano, percussions, violon et contrebasse

Vers les parasites d’une matière rudimentaire pour accordéon et deux percussionnistes

Crush (De)construction, pour piano, harpe, deux percussions, violon, alto, violoncelle, contrebasse, flûte/piccolo, hautbois, clarinette si bémol, clarinette basse, trompette

2023

A qué aspira este crujir, pour acousmonium

Cartografia d’una veu desdibuixada, pour accordéon, saxophone ténor, contrebasse, soprano

L’espace des inexistants … manchas en el silencio, pour flûte, clarinette, alto, percussion et électronique

Songs to be burnt 1, pour acousmonium

2024

Songs to be burnt 4, pour quatuor à cordes, clarinette, saxophone, piano et manipulateur

Songs to be burnt 2  : Danse en fil de fer, pour saxophone baryton et électronique

Monochrome rouge-oxide, pour saxophone, accordéon et contrebasse

Songs to be burnt 5, pour flûte basse, clarinette basse, accordéon, violoncelle, instrument électronique et bande.

La biomécanique du vol, pour 2 flûtes, piccolo, hautbois, 2 clarinettes en si b, clarinette basse, basson, contrebasson, cor, trompette en ut, trombone, 2 percussions, harpe, piano, accordéon, 3 violons, 2 altos, 2 violoncelles et contrebasse

Les corps déchirés, pour clarinette

2025

À vif, quatuor à cordes nº 1, pour 2 violons, alto, violoncelle

Plier plastique pour ciel, pour soprano, voix recitée(acteur), clarinette en sib, saxophone ténor, trombone, 2 percussions, violon, violoncelle, dispositive électronique.

Databend, pour accordéon

Silence durci, concerto pour saxhorn et orchestre d’harmonie.