Atelier de recherche DAMUALCA

Atelier de recherche DAMUALCA « Danses et musiques d’Amérique latine et des Caraïbes »
Coordonné par Laura Fléty et Clara Biermann, CREM-LESC, CNRS-Université Paris Nanterre, E.A Musidanse, Université Paris 8

L’atelier DAMUALCA « Danses et musiques d’Amérique latine et des Caraïbes » souhaite réunir chercheurs, chercheuses et étudiant·es, travaillant sur des pratiques performatives, musicales et dansées, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Centré sur une aire culturelle, entendue dans toute sa diversité, et volontairement non thématique, cet atelier se veut un espace de rencontre et de réflexion approfondie sur les objets de recherche des participant·es. La forme et le contenu des interventions, d’une durée d’une heure, seront libres, allant de l’analyse de matériaux ethnographiques à des lectures de textes, des réflexions méthodologiques et épistémologiques sur les approches historiques, sociologiques, esthétiques ou anthropologiques des pratiques musicales et dansées, à des présentations centrées sur des débats contemporains ou des questions non-résolues des travaux de recherche.

Laura Fléty, Anthropologue, membre du CREM-LESC, CNRS-Université Paris Nanterre, UMR 7186, Chargée de mission scientifique pour le Centre National de la Danse, Pantin.

Clara Biermann, Ethnomusicologue, Département Musique, Université Paris 8
Membre de l’E.A. Musidanse, Esthétique, musicologie, danse et création musicale, Membre associée au CREM-LESC, CNRS-Université Paris Nanterre, UMR 7186.

Mardi 15 décembre 2020, de 11h à 13h en visioconférence

Devenir chef : origines, savoir-faire et légitimité dans la pratique des tambours de candombe (Montevideo, Uruguay)
Clara Biermann, MCF en ethnomusicologie à l’université Paris 8, E.A Musidanse

Mardi 12 janvier 2021, de 11h à 13h

La représentation de « Santiago Apóstol » et « San Isidro Labrador » dans deux danses de la région de Texcoco, Mexique central
José Manuel Moreno Carvallo, doctorant en anthropologie sociale, Université de Picardie Jules Verne

Mardi 26 janvier 2021, de 11h30 à 13h30 (horaire décalé d’une demi-heure)

Rythmicités des pratiques d’artistes de rue à Rio de Janeiro : focus sur la dimension sonore (Brésil)
Michel Moreaux, docteur en géographie, Université de l’État de Rio de Janeiro (UERJ)

Cette présentation se base sur ma recherche de doctorat en Géographie, effectuée à l’Université d’État de Rio de Janeiro. Elle prend pour point de départ la rythmicité des pratiques d’artistes de rue à Rio de Janeiro, et vise tout particulièrement à exposer la dimension sonore de leurs actions, afin d’évoquer les affects mis en jeu à travers leurs performances. Je suis moi-même musicien et je joue dans la rue depuis de nombreuses années. C’est à la fois à partir de cette pratique concrète dans la rue, mais aussi à travers le suivi de plusieurs artistes de rue au long de plusieurs années, que je souhaite interroger ce que les savoirs-faire des artistes de rue peuvent apporter aux chercheurs en sciences sociales, en particulier autour de la dimension sonore et affective de l’espace urbain.

Lien de connexion via ZOOM :
https://zoom.us/j/93285237647?pwd=TDdSVjNwQlhxTTBwSmZmaVBSQm9WZz09

Mardi 9 février 2021, de 10h à 12h

Pour obtenir le lien de la visioconférence et participer à l’atelier, il vous suffit d’écrire un mail à l’adresse suivante : atelier_damualca@tutanota.com

Chants et danses kaapiwaya. Ethnohistoire d’une lingua franca rituelle dans un contexte multiethnique (Amazonie du Nord-Ouest)
Emilio Frignati, doctorant en anthropologie, LAS-EHESS

Les kaapiwaya constituent un registre de chants dansés masculins entonnés lors des cérémonies saisonnières basamowi. Ils sont énoncés dans une langue rituelle caractérisée par une forte opacité sémantique et partagée par l’ensemble des groupes arawak, tukano et maku qui peuplent l’aire du Haut Rio Negro. À partir de l’analyse d’un corpus complet de chants kaapiwaya, recueillis en 2019 parmi les Tuyuca de langue tucano du Papurí colombien, cette communication entend mettre en regard les propriétés linguistiques et chorégraphiques de ces chants dansés avec leur mobilisation politique dans le contexte historique des mouvements messianiques multiethniques contre l’exploitation coloniale au XIXe siècle.

lien de connexion via ZOOM :
https://zoom.us/j/91748076619?pwd=amltcWhQNGxWeUlqWDFIZWhLUDAwZz09

Mardi 9 mars 2021, de 10h à 12h

Pour obtenir le lien de la visioconférence et participer à l’atelier, il vous suffit d’écrire un mail à l’adresse suivante : atelier_damualca@tutanota.com

« Forces » rituelles et performances populaires. Mobilisations de l’esthétique de l’Inti Raymi dans la production musicale et audiovisuelle des populations kichwa d’Imbabura (Equateur).
Sisa Calapi, doctorante en ethnomusicologie CREM-LESC, Université Paris Nanterre

La célébration de l’Inti Raymi (Fête du soleil) à Cotacachi (Province d’Imbabura, Equateur), se déroule annuellement lors du solstice de juin. Cette fête est réputée pour ses impressionnantes performances musicales et dansées réalisées lors du rituel conflictuel de la Prise de la place (Toma de la plaza), également nommé « Le Grand Jour » (Hatun Puncha). Lors de ce dernier, les communautés kichwa environnantes se mesurent les unes aux autres en s’appropriant la place centrale de la ville de Cotacachi. La sur-production de « force » (fuerza) réalisée lors de ces performances et sa qualité agressive se fonde sur un engagement physique intense des danseurs et musiciens-danseurs. Cette génération de force a pour effet de créer une tension conflictuelle ressentie par les praticiens et le public présents sur la place. Dans cette présentation, je discuterai l’efficacité politique de l’esthétique de ces performances en analysant la façon dont cette « force » est mobilisée par les populations kichwa de la province d’Imbabura dans des productions sonores et audiovisuelles contemporaines non-rituelles. Nous verrons à travers l’analyse de différents clips musicaux et autres vidéos circulant sur les réseaux sociaux que l’esthétique rituelle de l’Inti Raymi occupe une place centrale dans la production d’affects renforçant l’appartenance globalisée au groupe ethnique « kichwa ».

Mardi 23 mars 2021, de 10h à 12h

Pour assister à cette séance, merci d’écrire à : atelier.damualca@gmail.com pour obtenir le lien de connexion

‘Styliser le folklore’ : le cas du duo colombien Los Darof (1958-1968)
Ivan Jiménez, maître de conférences en espagnol et études latino-américaines à l’Université Paris-Est Créteil, membre de l’E.A IMAGER et membre associé de l’E.A MUSIDANSE Paris 8.

Entre la fin des années 1950 et la fin des années 1960, la danseuse-chorégraphe et pédagogue colombienne Ana Ofelia Betancur Rueda (n. Armenia, 1929) et le danseur-chorégraphe colombien Darío Arboleda Iturregui (La Triste, 1937- Paris, 2004) mènent une activité professionnelle centrée sur l’interprétation des danses dites « folkloriques » de la Colombie et d’autres pays de l’Amérique du Sud : bambucos et guabinas de la région andine ; cumbias et mapalés de la région caribéenne ; joropos llaneros ; malambos et chacareras rioplantenses... Pendant dix ans, sous le nom de Los Darof – issu de l’union des initiales de leurs prénoms –, les conjoints et partenaires de travail performent ces danses dans des cadres socioprofessionnels très divers : places publiques, théâtres, entreprises, festivals, boîtes de nuit, grills, plateaux télé... Leur répertoire s’enrichit de manière considérable pendant les quatre ans d’une tournée sud-américaine (1959-1963) qui les amène en Équateur, au Pérou, au Chili, en Argentine, en Uruguay et au Brésil. Dans cette intervention dans le cadre de l’atelier Damualca, il s’agira d’abord de donner un aperçu de l’ensemble des traces – photos, coupures de presse, carnets – que la famille de Darío et Ofelia a conservé de leur trajectoire professionnelle ; il s’agira ensuite de présenter certains repères théoriques – sur les notions de nationalisme et de lo popular – et méthodologiques – en analyse du discours et en analyse du mouvement – qui permettent d’introduire une perspective historique à l’égard de ce que le duo considérait comme sa pratique du ‘folklore moderne’ (folclor moderno)

Mardi 6 avril 2021, de 10h à 12h

Pour assister à cette séance, merci d’écrire à : atelier.damualca@gmail.com pour obtenir le lien de connexion

Chili : mondes sonores de la révolte sociale. Premières interrogations et axes de recherche
Rosalía Martínez, chercheuse honoraire au CREM-LESC, Université Paris Nanterre

Le 18 octobre 2019 éclate au Chili une immense et inattendue révolte sociale qui, quoique contrainte six mois plus tard par l’arrivée du Covid-19 persiste, sous des formes diverses, jusqu’à nos jours. La scène principale de ce mouvement contestataire des valeurs et des fondements mêmes de la société néolibérale est la rue. Lieu de violents affrontements, elle est également le territoire où se manifestent les espoirs, les exigences, les rêves, et ce, au travers de différentes formes expressives, notamment performatives. Le son devient alors un champ de confrontation : rythmes frappés, cris, slogans chantés ou scandés, chansons de la foule, groupes musicaux, performances musico-chorégraphiques, répondent et se superposent aux explosions des lacrymogènes, aux tirs des grenades et des balles, aux sirènes des chars policiers. En me focalisant sur les expressions sonores des manifestants, essentiellement à la Plaza Dignidad, « Place de la Dignité », à Santiago, lieu emblématique de la révolte (2019-2021), je souhaite montrer la portée heuristique d’une approche du mouvement social par le son. Comment ces expressions sonores, chacune séparément, mais surtout, ensemble, participent à la naissance dans l’action d’un nouveau sujet social auto-nommé « Le peuple ». Que peuvent-elles nous dire sur les processus sensibles de construction d’une identité collective ? Loin d’être achevée, la réflexion partagera plus d’interrogations que de réponses, insistant particulièrement sur la difficulté de trouver des outils conceptuels adaptés au traitement de situations semblables.

Mardi 4 mai 2021, 10h-12h - ANNULÉE

Faire danser les orixás : dynamique musico-rituelle d’une cérémonie publique dans le xangô de Recife
Julie Donatien, doctorante en ethnomusicologie CREM-LESC, Université Paris Nanterre

Mardi 1er juin 2021, 10h-12h

Pour ceux et celles qui souhaitent assiter à cette séance, merci d’écrire à atelier.damualca@gmail.com pour avoir le lien de connexion

Le corps collectif comme résistance dans la pratique de la Copla du nord-ouest Argentin
Suzanne Gruca, doctorante en sciences du langage, Université de Paris

En 2003, la région de la Quebrada de Humahuaca (province de Jujuy) en Argentine s’est retrouvée classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Depuis, les pratiques sociales et langagières de ses habitants ont été redéfinies en tant que « patrimoine culturel immatériel » de la région. Dans ce contexte, la pratique de la Copla (appelée aussi canto de coplas ou canto on caja), traditionnellement performée de manière communautaire pendant la période du Carnaval, a vu émerger de nouvelles formes de performances. Celles-ci sont régies et alimentées par un discours institutionnel qui agit non seulement sur le sens de la pratique, mais également sur le corps des copleros/as, invité·es à performer dans un dispositif scénique. A partir d’une analyse comparée entre le corps scénique et le corps collectif, je montrerai comment le corps festif du·de la coplero/a en contexte de chant communautaire peut être interprété comme une forme de résistance au régime discursif et politique dominant. 

Mardi 8 juin 2021, 10h-12h

Pour ceux et celles qui souhaitent assiter à cette séance, merci d’écrire à atelier.damualca@gmail.com pour avoir le lien de connexion

Question de méthode et d’écriture : décrire, penser et rêver à plusieurs une danse. Proposition à partir de Pour que le ciel ne tombe pas de Lia Rodrigues
Isabelle Launay & Isabelle Ginot, PU en danse, Université Paris 8

Après avoir présenté quelques extraits vidéos, nous mènerons une réflexion d’ordre méthodologique à partir d’un texte écrit à deux mains (Isabelle Ginot et moi-même) mais nourri de multiples voix sur une pièce chorégraphique de Lia Rodrigues (intitulée Pour que le ciel ne tombe pas, inspirée librement du texte de Davi Kopenawa et Bruce Albert, La chute du ciel). Lia Rodrigues est une chorégraphe brésilienne installée à Rio de Janeiro, au Centre d’art de la Maré situé dans un quartier populaire de la ville, et qui par ailleurs fait de nombreuses tournées en Europe, et notamment en France.
Nous souhaitons partager nos réflexions, nos désirs et nos doutes sur la pratique de l’analyse des œuvres en danse. En effet, nos savoirs et habitudes scientifiques nous ont conduit à développer et construire un mode discursif et argumentatif visant à poser une problématique et démontrer une hypothèse de la manière la plus convaincante possible, en prenant soin de bien se « situer ». Mais se faisant, sont comme mis en sourdine, parce que moins légitimés, le travail imaginaire de libre association, la puissance des affects, les effets somatiques vécus face aux œuvres, les digressions qui participent de notre perception d’une œuvre, les modulations du regard et une polyphonie de points de vue qui peuvent être contradictoires. Comment rendre compte de cette logique du débat, faire de l’œuvre le lieu du débat, activer sa puissance, plus que de chercher à démontrer son point de vue à son propos ? Parce que nous souhaitons ici que les œuvres elles-mêmes prennent part au débat politique, esthétique et scientifique, comment donc les faire parler ? Il nous fallait ainsi laisser une place au trouble qu’elles provoquent, repenser la pratique de la description quand elle se mêle autant du faire lui-même, que de la fiction ou d’une discussion politique ou/et esthétique.

14h-16h

Pour une "anarchive" de l’épidémie globalisée de Reggaeton : devenir des histoires et mémoires dans la migration des gestes d’une danse populaire, érotique et afro-latine
Emma Gioia, doctorante en recherche-création, Université Grenoble-Alpes & Université Aix-Marseille

IMG/jpg/damualca1.3.jpg